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Stratégies marketing

Interview de Jérôme VILLARET de Les Pepites du Sud : Valoriser les pépites viticoles du Sud grâce à une agence spécialisée

Jérôme, vous êtes à la fois ingénieur agronome, vigneron et fondateur des Pépites du Sud : comment ce triple regard a-t-il façonné votre manière d’imaginer une agence réceptive entièrement dédiée aux vignobles du Languedoc, du Roussillon et de la Vallée...

8 juin 2026 10 min de lecture
Interview de Jérôme VILLARET de Les Pepites du Sud : Valoriser les pépites viticoles du Sud grâce à une agence spécialisée

Jérôme, vous êtes à la fois ingénieur agronome, vigneron et fondateur des Pépites du Sud : comment ce triple regard a-t-il façonné votre manière d’imaginer une agence réceptive entièrement dédiée aux vignobles du Languedoc, du Roussillon et de la Vallée du Rhône ?

Mon triple parcours m’a offert une vision à 360° du vin : la rigueur de l’ingénieur pour décrypter les terroirs, l’émotion du vigneron pour en raconter l’âme, et l'exigence de l’entrepreneur pour transformer chaque visite en un événement unique. Chez Les Pépites du Sud, nous ne vendons pas des visites, mais des expériences sur mesure, conçues comme des moments exceptionnels à vivre. Le Languedoc, le Roussillon et la Vallée du Rhône regorgent de pépites méconnues : mon rôle est de les révéler, comme on déguste un vieu millésime, avec respect et passion.

Concrètement, en quoi une agence spécialisée comme Les Pépites du Sud permet-elle de « révéler » des domaines et des vignerons du Sud que le grand public ou même les amateurs éclairés ne connaissent pas encore ? Pouvez-vous nous décrire un exemple de séjour qui illustre cette mise en lumière ?

Notre force réside dans l’accès privilégié et l’expertise terrain : nous travaillons main dans la main avec des vignerons passionnés, souvent en petite production, qui n’ont ni le temps ni les moyens de se faire connaître à grande échelle. Grâce à notre réseau et notre connaissance intime des terroirs, nous identifions des domaines d’exception, comme ceux de La Clape, en Cévennes ou dans les Terrasses du Larzac ou en Pic Saint loup, où l’authenticité et la qualité dépassent souvent les attentes. Nous travaillons également avec des domaines professionnels de l'Oenotourisme, mais nous construisons avec eux des expériences singulières.
Une exemple de séjour que nous avons réalisé récemment pour des clients : Un séjour dans le terroir du Minervois, où nous emmenons nos clients dans un domaine familial produisant un Muscat de Saint-Jean-de-Minervois rare, suivi d’une dégustation privée avec le vigneron dans ses vignes. Ajoutez à cela une balade à vélo électrique à travers les paysages préservés du Haut Languedoc, une nuit en chambre d'hôte sur le vignoble et le dîner à la Table d'hôte vous obtenez une immersion totale, bien loin des sentiers battus. C’est ça, révéler l’invisible : des rencontres, des vins et des paysages qui restent gravés.

Vous insistez sur l’idée de connecter les visiteurs au cœur des professionnels du vin, à leur vérité, plutôt qu’à un simple décor de carte postale. Comment faites-vous, sur le terrain, pour dépasser le côté touristique et créer de vrais moments de rencontre et de partage entre vignerons et visiteurs ?

Nous cassons les codes du tourisme viticole classique en plongeant nos clients dans le quotidien des vignerons. Pas de visites formatées, mais des rencontres en petit comité, toujours privée : dégustations directement dans les chais au dessus des barriques, balades dans les vignes avec le vigneron qui explique son travail au fil des saisons, ou même participation à des ateliers de taille ou de vendange selon la période.
Notre secret ? La confiance : nous sélectionnons des domaines où les vignerons sont prêts à partager leur passion sans filtre. Par exemple, dans le vignoble des Cévennes, un de nos partenaires nous fait visiter exceptionnellement ses vieilles vignes de cépages oubliés pour des dégustations hors des normes, accompagnées d’histoires familiales transmises depuis des générations. Le visiteur ne goûte pas seulement un vin, il en vit l’histoire.
C’est cette proximité humaine qui transforme une simple visite en un souvenir inoubliable."

Le Languedoc, le Roussillon et la Vallée du Rhône sont parfois encore perçus comme des « grands volumes » plutôt que comme un vivier de pépites. Selon vous, quels sont les principaux freins à la reconnaissance de ces terroirs, et comment votre travail œnotouristique contribue-t-il à changer ce regard, en France et à l’international ?

L'image du Languedoc Roussillon et la Vallée du Rhône a bien changé depuis une trentaire n'année. j'ai eu la chance d'être acteur de ces changements dans mes postes précédentes. La réputation de qualité de ces terroirs n'est plus à faire. Aujourd'hui, le principal frein à leur reconnaissance est plutôt un manque de visibilité. Contrairement à d'autres grandes terroirs qui ont misés depuis longtemps sur la structuration d'un tourisme du vin, le Languedoc et la Vallée du Rhône ont pris conscience du potentiel plus récemment. Pendant longtemps, ces régions se sont contentés d'attirer les consommateurs locaux ou des touristes en vacances sur les plages du littoral. Le succès des grands vignobles s'expliquent parce qu'ils sont devenus incontournables pour des touristes du monde entiers en visite en France. Comme contribution, nous démystifions les terroirs du Sud de la France en racontant leurs histoires : lors de nos séjours, nous mettons en avant des vignerons comme ceux de Corbières Boutenac ou de Gigondas, qui produisent des vins de garde exceptionnels à partir de vieilles vignes de Grenache ou de Carignan. En ciblant une clientèle internationale (notamment d'Amérique du Nord ou du Nord de l'Europe), nous créons des ambassadeurs qui repartent avec des bouteilles et des récits à partager. Notre trophée de l’Œnotourisme décerné par Terre de Vins et Atout France et notre titre de Most Trusted Wine Tourism Company sont la preuve que cette approche porte ses fruits : un terroir, c’est d’abord une rencontre, pas un chiffre de production.

Vous avez été reconnu « Meilleure activité œnotouristique de France 2025 ». Qu’est-ce que ce prix a validé, ou remis en question, dans votre approche ? Y a-t-il un choix stratégique ou une prise de risque particulière (sur le positionnement, la clientèle, les expériences proposées) sans laquelle Les Pépites du Sud n’en seraient pas là aujourd’hui ?

Ce prix, décerné à Avignon, là où ma carrière a commencé, entouré des vignerons des Côtes du Rhône parmi mes amis m'a beaucoup ému. Le prix a validé notre pari fou : oser l’exclusivité et le haut de gamme dans une région souvent associée à l'entrée de gamme. Dès le départ, nous avons choisi de cibler une clientèle exigeante et internationale, en misant sur des expériences ultra-personnalisées, comme des dégustations privées dans des domaines confidentiels de la Vallée du Rhône ou une balade à vélo électrique sur le terroir de Collioure pour les clients d'un des bateaux de croisière les plus exclusifs au monde. A chaque fois, c'est une prise de risque sur la réussite de l'expérience, le choix des partenaires, l'intervention des vignerons ou simplement le respect du timing.
Refuser les groupes de 50 personnes pour privilégier des petits comités de 6 à 12 passionnés, ou ne pas proposer de circuits standardisés sont aussi des prises de risques. Certains nous disaient que c’était trop niche… mais c’est justement cette radicalité dans l’authenticité qui a séduit le jury. Aujourd’hui, ce trophée confirme que l’œnotourisme de demain se joue dans l’émotion et la rareté, pas dans la quantité. Et il nous pousse à aller encore plus loin : en 2026, nous lancons des séjours sur d''autres destinations avec la même exigence : Bordeaux, Bourgogne, Champagne et la Provence. Nous lançons, cette année également, des séjours "sur mesure » avec des vignerons bio et en biodynamie, pour répondre à une demande croissante de sens et de transparence autour du développement durable sur le vignoble.

Si l’on se projette à cinq ou dix ans, comment imaginez-vous l’évolution de l’œnotourisme dans le plus grand vignoble du monde : montée en gamme, enjeux environnementaux, pression touristique, digitalisation… et quelle place Les Pépites du Sud ambitionnent-elles d’occuper dans ce paysage en mutation ?

Dans 5 à 10 ans, le Languedoc-Roussillon s’imposera comme une destination œnotouristique incontournable : venir à Montpellier ou débarquer d'un croisière à Sète sans visiter un domaine viticole sera aussi impensable que de visiter Paris sans voir la Tour Eiffel. Ce vignoble, aujourd’hui reconnu pour son accueil chaleureux et authentique, devra préserver cette âme tout en évoluant vers un tourisme haut de gamme, où des expériences ultra-personnalisées allieront vins, patrimoine et découverte de paysages préservés.
Les Pépites du Sud entendent jouer un rôle clé dans cette transformation d'abord en tant que pionniers de l’œnotourisme durable : Nous développons des séjours à impact positif. À notre échelle, nous mettons déjà en pratique cette démarche zéro carbone sur notre domaine familial. Ensuite, en accompagnant les vignerons pour qu’ils répondent aux attentes d’une clientèle exigeante.
Ensuite en tant que gardiens de l’exclusivité : Nous continuerons à créer des expériences « off the grid », comme une balade en 2CV dans les Corbières, un cours de cuisine autour du foie gras et dégustation d’Armagnac en Gascogne, ou une chasse à la truffe en Drôme Provençale, une promenade en trottinette électrique en Costières de Nîmes, une découverte de vignoble de Saint Tropez à Vélo ou l'ascension à pied de la Colline de l'Hermitage dans les Côtes du Rhône Nord.
Notre ambition ? Faire du Sud une référence mondiale de l’œnotourisme d’exception, où chaque voyageur vit une immersion unique, entre tradition et innovation.

Pour conclure, quel conseil donneriez-vous à un lecteur qui aime le vin mais n’ose pas encore franchir le pas d’un séjour œnotouristique dans le Sud : par où commencer, et comment tirer pleinement parti d’une expérience avec une agence spécialisée comme la vôtre ?

Mon conseil : lâchez prise et osez l’aventure ! Pour un premier séjour, commencez par un week-end découverte par exemple au pays du Premier vin effervescent du Monde à Limoux ou sur les contreforts du Haut Languedoc : Faugères, Saint Chinian des régions qui allient accessibilité et dépaysement avec des paysages époustouflants et des vins généreux. Avec une agence spécialisée comme Les Pépites du Sud, vous profiterez pleinement de l’expérience en vous laissant guider par des itinéraires sur mesure, adaptés à vos préférences et sans le stress d'une mauvaise surprise : pas de risque de tomber sur un domaine parfait en apparence sur son site internet, mais décevant en réalité. Nous sélectionnons, pour vous, des adresses où l'authenticité et la qualité sont garanties. Ici, pas de visite impersonnelle, mais des rencontres authentiques avec des vignerons passionnés qui vous feront vivre leur terroir au plus près. Découvrez l’inattendu : dégustations dans des caves vieilles de plusieurs siècles, pique-niques au cœur des vignes ou balades à vélo entre les domaines, car l’œnotourisme, c’est bien plus que du vin, c’est une immersion humaine et sensorielle. Et surtout, ne vous posez pas trop de questions : le Sud se vit, il ne s’analyse pas. Laissez-vous surprendre par la chaleur de l’accueil, la diversité des cépages et la beauté des paysages. Votre seul regret sera de ne pas avoir commencé plus tôt !

Pour en savoir plus : https://lespepitesdusud.wine